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05 juin 2016

Connaître son niveau de violon pour mieux avancer

Pour continuer à apprendre le violon, je cherche toujours quelque chose d'à la fois sympa et sérieux, avec impérativement des audios en référence pour travailler dans les meilleures conditions. Les derniers temps, j'ai pas mal lorgné de l'autre côté de la Manche et ai trouvé de chouettes choses. Hop, hop, hop, partage des infos ! ;)

Je vous passe l'historique de ces deux écoles que sont l'ABRSM et le Trinity College London, si ça vous intéresse, vous les trouverez sur leurs sites respectifs. Ce que je souhaite vous partager aujourd'hui, ce sont les programmes proposés en terme de niveaux. 

Si en France, on raisonne par cycles, en Angleterre (entre autres), on le fait par grades. Le côté intéressant (pour ne pas dire très intéressant) de la chose, c'est que les écoles préparent les élèves à des examens avec des répertoires variés classés par niveau qui sont ainsi les mêmes références partout. 

Voilà qui est venu titiller la partie de mon cerveau d'autodidacte (lol) toujours à la recherche d'un répertoire approprié à mes capacités du moment : en clair, pas trop compliqué pour ne pas me dégoûter, mais pas trop simple pour ne pas m'ennuyer/stagner, bref, un répertoire progressif à portée d'archet en travaillant ce qu'il faut.

J'avais déjà une piste avec la méthode Suzuki, mais ça reste limité. Cette fois, le répertoire est beaucoup plus étoffé, en styles aussi (ce qui n'est pas pour me déplaire) et surtout, puisque ce sont des écoles, on ne trouve pas seulement les répertoires à jouer, mais aussi les formations complémentaires dont la lecture à vue et l'entraînement de l'oreille pour travailler rythme et musicalité (en même temps, travailler l'oreille sans audio, je ne sais pas pour vous, mais perso, ça me dérange toujours un peu... MDR !)

Voilà donc un programme accessible et complet qui me semble très bien pour progresser en solo en sachant où on en est.

 

Pour le grade 4, voici par exemple ce que propose l'ABRSM :

- un répertoire de morceaux

- des audio téléchargeables en ligne ou sur CD (démo violon et accompagnement seul)

- entraînement déchiffrage / lecture à vue : cahier d'exercices

- gammes et arpèges

- entraînement audio : cahier d'exercices avec CD

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Au London Trinity College, on retrouve la même chose, avec un répertoire différent (et hop, un répertoire qui s'étoffe encore), idem d'autres comme le London College of Music (université de Londres Ouest), l'Australian Music Examination Board servant de référence aux écoles australiennes, l'école Ste Cecilia en Australie, ...

 

Le gros avantage une fois qu'on a réussi à situer son niveau, c'est qu'alors, on dispose d'un programme logique, on ne saute pas d'un truc à l'autre sans savoir où on en est.

Le deuxième gros avantage, c'est qu'on trouve alors sur internet d'autres ressources qui nous sont accessibles, sans pour autant qu'elles soient trop faciles et permettent donc de continuer à progresser, comme par exemple pour le niveau 4 :

   

     

Encore une bonne raison de se familiariser avec la langue de Shakespeare ;)

 

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La méthode Eta Cohen pour le violon

En tant qu'autodidacte, j'aime avoir un programme pour me guider dans ma progression avec le violon, avec une attente bien précise : une méthode avec audio. Exit donc les méthodes traditionnelles telles que Le petit Paganini, Hauchard, Doukan, Crickboom, etc. 

Si au niveau débutant, les méthodes avec audio sont légion, en revanche, en trouver une pour aller un peu plus loin, ça devient compliqué. En me tournant vers les méthodes étrangères, j'ai trouvé celle-ci :

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La méthode d'Eta Cohen prend le relais en moyenne au niveau du volume 3 des méthodes pour débutants.

Une approche par exercices, études et gammes préparatoires aux morceaux suivant le thème travaillé : 

- le volume 3 aborde la 3ème position, dont les démanchés 1ère/3ème et les doubles cordes.

- le volume 4 aborde les 2ème, 4ème et 5ème positions, spiccato, sautillé, doubles cordes et les trilles.

Les audio sont sympas, bien interprétés, avec de vrais instruments (violon et piano en accompagnement).

Si j'insiste autant dans mes recherches sur la nécessité d'audios produits par de vrais instruments et sur la qualité de l'interprétation, c'est parce que je trouve que le mimétisme a une part importante dans l'apprentissage. On cherche à reproduire ce qu'on entend, à s'en rapprocher le plus possible, un peu de la même manière qu'en dessin, on commence par reproduire. Donc mieux vaut que la référence audio soit bonne et pas seulement en matière de justesse, d'interprétation aussi.

 

Le niveau/grade 4 est communément considéré comme niveau intermédiaire. Cette info peut servir dans la recherche de morceaux adaptés.

  

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12 mai 2016

Un article pour redonner l'espoir : retrouver l'état d'esprit du débutant

Ces derniers temps, j'ai retrouvé le même état d'esprit que j'avais quand j'ai commencé le violon.

Quand je dis que j'ai retrouvé le même état d'esprit, c'est que j'ai retrouvé la curiosité de la découverte, cette étincelle d'envie d'apprendre qui a été bien malmenée au gré des vents et tempêtes que j'ai pu traverser les premières années.

C'est un plaisir indescriptible parce que je pensais ne jamais retrouver cette insouciance que j'avais en débutant. Je me suis demandée si j'allais en parler sur ce blog, si ça pouvait servir d'en parler car je ne suis pas ici pour faire des confidences ;). Et je crois que oui, ça peut servir, alors me voilà pour écrire la suite...

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En tant qu'adulte ayant commencé le violon à plus de quarante ans en autodidacte, au départ, j'étais motivée, mais raisonnablement, c'était surtout une envie de découverte, de voir ce que je pouvais faire, jusqu'où je pourrais aller, un loisir comme un autre, un moyen de passer du bon temps.

Et puis je me suis retrouvée embarquée dans une aventure passion qui m'a vite "bouffée". J'avais envie de savoir tout jouer, une vraie boulimique de morceaux, comme si je cherchais à rattraper le temps perdu. J'allais jusqu'à passer 3 heures chaque jour sur mon violon, inutile de dire que mon temps de loisirs se résumait à ça et uniquement ça, quelque chose d'assez déraisonnable, en fait, car ce n'était pas que du bon temps pour le coup ! J'ai voulu tout jouer mais aussi tout faire, prendre des cours alors que j'étais autodidacte, jouer pour un public, jouer avec d'autres musiciens, amateurs comme professionnels, violonistes et autres instrumentistes, jouer en orchestre, faire danser des gens, jouer en famille, entre amis.

Et je l'ai fait.

J'ai tout fait et coché mes objectifs un par un. Avec chaque fois un répertoire différent. Je ne saurais dire combien de morceaux différents j'ai joués, aucune idée, mais il y en a une quantité phénoménale. 

J'ai dépassé nombre de mes peurs en allant chaque fois un peu plus loin.

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Côté apprentissage technique, c'était aussi tout feu tout flamme, après avoir commencé avec une méthode dont j'ai avalé les 3 volumes en un an avant de me retrouver le bec dans l'eau parce qu'il n'y avait pas de suite, j'en ai éprouvé une, deux, trois, quatre, non, cinq autres pour continuer, parfois simultanément. Pas mal parce que ça m'a permis de comparer, de relativiser les avantages des unes et inconvénients des autres et de rédiger quelques articles ici :).

Puis je suis passée en mode "feeling" ou apprentissage plus naturel du violon, on va dire, je me suis basée sur mon ressenti et mon oreille. J'ai donné dans le trad et l'irlandais. Ca m'a fait vivre pas mal de moments intenses et des découvertes fabuleuses. Aujourd'hui, quand je joue en famille ou avec des amis, je le fais systématiquement sans partition, tout est fait d'oreille. Pour moi, c'est du vrai partage parce qu'on se regarde quand on joue, on s'apprend des morceaux mutuellement, on s'amuse, c'est extra et c'est comme ça que je le conçois.

Pour continuer à progresser, je me suis lancée maints et maints défis successifs dont je ne vais pas dresser la liste ici, juste pour dire que j'avais besoin de ça pour me motiver parce que j'avais déjà atteint mon but principal : partager la musique et que pour ça, je n'avais pas besoin d'apprendre plus. Finalement, j'ai relevé certains défis complètement, d'autres seulement à moitié, mais ils ont tenu leurs promesses respectives, ils ont contribué à me faire garder le violon à portée de main, plus ou moins régulièrement.

Je ne sais pas si tous les adultes autodidactes se sont retrouvés à un moment ou un autre dans la même situation que moi, mais je sais qu'il y en a, c'est pour eux que j'écris aujourd'hui :).

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Après avoir vécu cette sorte de passion dévorante (et pas que dans le sens positif du terme), le violon est devenu au fil des ans et d'une vie personnelle qui me demandait beaucoup d'attention un loisir auquel je ne consacrais pas plus de temps qu'un autre, voire même moins. Pour autant, je ne l'ai pas laissé tomber, non, je ne le voulais pas, j'ai juste pris de la distance. Je n'apprenais plus, je me contentais juste de maintenir un minimum d'acquis pour pouvoir continuer à partager de temps en temps.

 

Et j'ai bien fait.

 

Car aujourd'hui, il se passe quelque chose de tout à fait spécial. Une sensation que je n'avais pas connue depuis longtemps, depuis cinq ans environ pour tout dire. J'ai redécouvert l'envie et le plaisir d'apprendre le violon, seule, dans mon coin, sans personne pour me guider, m'écouter, me conseiller, me booster, ni aucune envie d'être accompagnée ou de partager ça.

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J'ai commencé par jouer les derniers morceaux de la dernière méthode classique que j'ai travaillée il y a 2 ans et demi (Suzuki volume 3) et là, surprise, non seulement je n'ai rien oublié, mais j'ai même la sensation d'avoir progressé. Curieux. Alors que je pensais devoir réviser et repartir en arrière, mon petit doigt (mais pas le 4ème, lol) me dit plutôt de continuer à avancer. Et je ressens une sorte de sérénité, de confiance, de zen attitude qui me replace dans mon insouciance de débutante avant la tempête qui a suivi. Sauf que cette fois, tempête il n'y aura pas ;)

Du coup, c'est un réel bonheur tranquille que je vous partage aujourd'hui. Oui, c'est tout à fait possible de revenir à un état d'esprit de débutant au violon, de retrouver l'étincelle qui fait qu'on se remet à apprendre de la même manière, avec la même envie, à une différence près, la peur n'est plus là, celle de mal faire, de se tromper, de casser quelque chose, de déplaire, d'être une cible facile.

Retrouver le plaisir de continuer à apprendre et uniquement ça.

 

Je re-commence à apprendre le violon.

Le chemin continue.

 

Je pourrai donc continuer à vous partager mes découvertes au fur et à mesure de ma progression :). Je suis repartie avec la méthode Suzuki volume 4 et attends de recevoir la méthode d'Eta Cohen, grades 3 et 4 pour compléter.

Dans le même temps, j'attends aussi les répertoires des grades 3 et 4 du Trinity College London et ABRSM et un ou deux ouvrages liés. Je vais tester tout ça à mon rythme et vous dirai ce que j'en pense.

 

A bientôt !

 

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07 février 2015

Des challenges musicaux variés pour se motiver et progresser au violon

Parce que jouer du violon pour moi, c'est le plaisir de jouer de la musique associé au plaisir d'apprendre, il m'est inconcevable de jouer "dans le vide" trop longtemps, entendez par là travailler pour travailler, faire des exercices pour faire des exercices, sans rien de concret musicalement parlant.

Certes, pour progresser, il faut s'entraîner, mais en tant qu'adulte et dans la mesure où on ne veut pas en faire son métier, je considère que l'élément principal à s'octroyer quand on apprend le violon, c'est de s'offrir du plaisir, du vrai et donc, en ce qui me concerne, du jeu. Euh oui, c'est aussi simple que ça :).

Car oui, je reste convaincue que plus on joue de son instrument, plus on apprend à le maîtriser, qu'il s'agisse d'exercices, d'études ou de morceaux, a fortiori quand ces derniers sont choisis pour leur attrait musical, mais aussi technique. Pour ma part, j'ai choisi l'aspect "morceaux" depuis le début, ai travaillé aussi quelques études et exercices, mais très peu finalement car j'ai rapidement constaté que ce sont les morceaux qui me faisaient le plus progresser.

 

 

 

En quoi les morceaux aident-ils à progresser ?

Tout d'abord, j'ai remarqué que plaisir et motivation sont au sommet quand un choix de musiques variées se présente à moi, il se trouve alors toujours un morceau propice à l'humeur du jour. Je veille donc à avoir à disposition un répertoire riche et varié.

Côté solfège et main gauche, c'est un point extrêmement positif de jongler avec plusieurs styles pour jouer sur plusieurs gammes, même les plus accidentées.

Côté apprentissage des rythmes et différents tempos, c'est aussi bon côté main gauche que main droite et bien sûr pour la coordination des deux !

Enfin, un immense avantage que je constate de plus en plus, c'est que les styles différents se jouent de différentes manières et c'est, ce qui, à la longue, permet de créer son propre style avec un jeu d'archet qui s'enrichit de toutes les facettes de la musique.

J'ai aussi remarqué une chose : personnellement, certains styles de musique ne m'attirent pas a priori, je ne prends pas plaisir à les écouter. Pourtant, je remarque que les jouer me procure un réel plaisir, justement par leur richesse de jeu et les gestes inhabituels qu'ils m'offrent la possibilité d'apprendre. Et a contrario, je remarque aussi que les morceaux de musique que j'adore écouter ne sont pas ceux que je préfère jouer, mais alors pas du tout !

Pour ces raisons, je considère qu'oser partir à la découverte de nouveaux styles, de nouveaux morceaux et ouvrir son horizon musical en jouant "open style" enrichit le jeu et forme techniquement le musicien. Et tout ça même si on n'apprécie pas forcément ces musiques à la base, mais à partir du moment où on prend du plaisir à les jouer, sinon, mieux vaut zapper, pourquoi se faire du mal ??

 

 

Différentes manières d'y parvenir

J'en viens aux challenges motivants :). Parmi eux, voici ceux que j'ai explorés pour le moment :

- faire des stages de violon aux styles variés en groupes avec d'autres instruments que le violon

- rejoindre un orchestre instrumental "musiques du monde"

- monter un groupe (ou 2, ou 3) de musiques aux styles et répertoires différents, pas forcément pour se produire en public régulièrement, mais pour échanger et s'apprendre les uns des autres de nos découvertes respectives

- solliciter des musiciens professionnels au style bien marqué pour leur demander quelques conseils, voire même prendre quelques "cours" avec eux

- ne pas hésiter à explorer des styles inconnus, il peut y avoir de belles surprises à la clé

- varier les apprentissages avec et sans partition (oui, oser apprendre d'oreille, c'est un challenge quand on n'en a pas l'habitude et quelle joie et mise en confiance de constater que ça fonctionne !)

- s'offrir une collection de playalong et à ce sujet, tout comme pour les méthodes, ne pas hésiter à faire du vide régulièrement en laissant de côté, donnant, vendant ou jetant ceux devenus trop faciles, pas motivants.

Concernant les méthodes, contrairement à ce que disent certains profs qui n'ont pas de solution, je considère aujourd'hui que stagner n'est pas normal, c'est qu'il y a blocage, besoin de changement.

L'apprentissage du violon est un parcours ardu qui demande à ce que la motivation soit entretenue. La motivation ne s'entretient pas qu'à coup d'espoir et de rêves inaccessibles, encore moins par des contraintes irréalistes, elle s'entretient par des challenges adaptés à l'élève, par l'objectif de retrouver goût et plaisir de jouer.

Je me souviens, quand je suivais des "cours" et que je stagnais, perdant ma motivation à me voir au point d'arrêt, m'être entendue conseiller de jouer des cordes à vide, de reprendre ma première méthode et de rejouer "Au clair de la lune et compagnie", quitte à essayer de le faire en 5ème position pour me motiver. Oui... Euh... Alors voilà exactement de quoi tuer le reliquat de motivation qui me restait !! MDR !!!

 

Heureusement, la mienne (de motivation) est très bien accrochée...

Bref, non ! Je conseillerais plutôt de prendre quelques jours de vacances de violon, de se souvenir de l'origine de sa motivation au tout départ, celle qui nous a poussé à nous lancer et de s'offrir de quoi rebondir musicalement, quelque chose qui nous fait réellement envie et qui s'accorde à notre niveau réel. Ca peut être un nouveau CD, un nouveau playalong, un nouveau projet musical, etc.

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(NB : je ne suis pas fan des gifs qui clignotent de partout, mais j'ai un ptit faible pour Scoubidou et puis là pour le coup, je trouve qu'il colle bien à l'article ! :)

 

Dans cet état d'esprit, je profite de cet article pour vous partager un de mes challenges musicaux en cours. Il s'agit d'un playalong à la qualité musicale comme j'aime (joué avec de vrais instruments), aux styles variés et aux difficultés techniques adaptées à mes envies pour continuer à progresser.

 

 

Il a été conçu par les auteurs de la méthode "Je joue du violon"

Voici une partie de la présentation : 

"Mucical Challenges couvre de nombreux styles. Pop et jazz côtoient classique et musiques du monde (...) mais vous trouverez aussi des passages moins faciles pour vous aider à progresser, aussi bien musicalement que techniquement. (...)

Certains morceaux sont précédés d'un court exercice qui introduit une technique particulière. Nous ne vison pas à offrir une méthode complète, puisqu'il existe déjà de nombreux ouvrages consacrés aux exercices techniques. Lorsque vous aurez maîtrisé l'exercice, vous pourrez mettre cette technique en pratique au sein du morceau."

 

A l'usage, c'est effectivement un plaisir de piocher les morceaux en fonction de l'humeur du jour, de découvrir le jeu de styles nouveaux et d'avoir sur chaque partie un petit (ou grand, c'est selon) challenge technique à dépasser.

J'ai cherché longtemps ce type d'ouvrage et bien qu'on m'ait dit que "ça n'existait pas car ça n'est pas comme ça qu'on apprend le violon", j'ai fini par trouver, comme quoi, la marmotte a raison de garder désormais à distance ceux qui affirment dans l'absolu :).

 

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10 décembre 2014

Quelques astuces pour surmonter le trac quand on joue du violon en public

La date "fatidique" d'une représentation en public approche et on se sent plus proche de l'état liquide que solide.

 

Comment se préparer au mieux, musicalement et psychologiquement ? Je vous partage ces quelques petites astuces qui fonctionnent pour moi.

 

1. Rester concentré en étant préparé aux imprévus

Au delà des détails pratiques (un 2ème archet, un jeu de cordes de rechange, etc), il est bon de se préparer en travaillant sa concentration, car le jeu en public a ceci de très particulier qu'il se passe souvent des choses qu'on n'a pas prévues et qui viennent encore ajouter à la pression.

Une anecdote, j'ai l'habitude de jouer pour les résidents d'une maison de retraite. Or, parmi ces personnes âgées, certaines sont atteintes de la maladie d'Alzheimer et ont parfois des réactions inattendues comme par exemple venir se poster, très attentifs, à 20 cm de mon visage pendant que je joue... De deux choses l'une, ou je reste bloquée sur une partition comme si de rien n'était, ou je prends en compte cette personne et j'échange avec elle tout en continuant à jouer. C'est certes plus compliqué et demande de l'entraînement, mais c'est aussi beaucoup plus humain et pour tout dire, c'est quand même la raison pour laquelle je joue en maison de retraite...

Jouer en public, pour moi, c'est prendre en compte le public, quel qu'il soit et ses réactions, c'est vivre et jouer avec lui et c'est dans cet état d'esprit que je rédige cet article.

 

Comment donc se préparer à ce genre d'imprévus ?

Par définition, un imprévu ne pouvant être... prévu, il est impossible d'imaginer ce qui va bien pouvoir se passer, certains publics sont très créatifs ! lol ! Blague à part, voilà comment je procède : tout d'abord, j'apprends mes morceaux par coeur (avec la partition et d'oreille), c'est la première des conditions pour me sentir en confiance. Sur place, la partition sera peut-être sur un pupitre pour s'y raccrocher en cas de problème, mais elle ne me sera pas indispensable.

Ensuite et surtout, je vais travailler ces morceaux en boucle dans différentes situations, différentes positions, c'est là que se travaille la mémorisation profonde, en "perturbant" la concentration. Je fabrique un parcours avec des obstacles ici et là, des chaises, une poubelle, un livre, un mobile, un escalier, etc, et je joue mon répertoire en me déplaçant entre ces obstacles.

Je trouve beaucoup d'intérêt à cet exercice car non seulement il permet d'apprendre à me concentrer sur plusieurs choses à la fois (le jeu, les obstacles, le public), mais aussi de gérer l'équilibre de mon jeu en déplacement. C'est également un travail très intéressant pour gérer l'amplitude de l'archet dans les passages étroits.

 

2. S'entraîner avec différents types de publics

En commençant par les plus sympas (qui ne sont pas nécessairement ceux que l'on croit comme les amis ou la famille...). Les enfants sont un excellent public, ils sont curieux. Il faut bien sûr un répertoire adapté, et une durée limitée pour capter leur attention. Les personnes âgées sont un très bon public également, toujours avec un répertoire qui leur est adapté, elles ont la générosité d'être très tolérantes avec les débutants dans la mesure où il y a une dimension "humaine", c'est-à-dire où on prend le temps d'être vraiment avec elles, de se présenter, d'expliquer pourquoi on est là, de les écouter et les regarder, etc.

 

 

3. (faire) vivre la musique

Le top, c'est de faire participer le public, que ce soit en chantant, en frappant des mains, en dansant, ... Je dis que c'est le top, parce qu'alors il n'y a plus acteur/spectateurs mais uniquement des personnes qui vivent pleinement la musique. 

De plus, quand le public participe de manière active, j'ai constaté que cela enlève une part de pression considérable au musicien qui se sent moins observé/scruté. Et les fautes éventuelles, même les plus grosses, passent beaucoup plus inaperçues dans un environnement vivant (elles font partie de la vie) que crispé dans un silence religieux à l'affût du bruit équivalent au dixième du quart de poil de vrombissement d'aile de mouche provoqué par un archet pas tout à fait rectiligne ! lol. Franchement, quand on prend du bon temps, on profite, on n'est pas à la recherche de la perfection, personnellement quand j'en arrive là au cours d'une représentation, c'est le signe que je m'ennuie et qu'il est temps de partir...

 

 

 

 4. L'expérience ? Surtout le lâcher prise !

J'avais tendance à penser au début que plus je jouerais en public, moins j'aurais de peine à le faire. Il s'avère finalement que suite à une brusque interruption de plusieurs mois pour grave raison de santé, j'ai relativisé ma relation à la vie et au violon. Mon retour au jeu en public sans plus aucun trac me fait dire aujourd'hui qu'il s'agissait donc plus d'une question de psychologie et de lâcher prise que d'expérience.

Comment j'en suis arrivée là ? J'ai relativisé et me suis demandé pourquoi je joue du violon et pourquoi je souhaite le faire en public, quelle est ma raison profonde et plus généralement, quelles sont mes priorités dans la vie. Puis, on peut aller plus loin, en se demandant quelles sont les implications de cette représentation, les risques encourus : va-t-on mourir foudroyé en descendant de l'estrade parce qu'on se sera trompé ? Et être franc avec soi-même pour répondre à cette question : au pire, n'est-ce pas uniquement notre égo qui en prend en coup ?

Alors,  en ce qui le concerne, cet égo, descendre notre barre d'exigence est la solution, nous sommes souvent beaucoup plus exigeants avec nous-mêmes que ne l'est notre public. Or, c'est cette exigence qui nous met la pression et qui non seulement risque de nous faire rater, mais aussi qui nous coupe de notre plaisir à jouer.

Car quoi qu'on en dise, jouer pour les autres, c'est d'abord jouer pour soi, pour se faire du bien (pas du mal...) et pour se faire plaisir, sinon, il faut peut-être songer à régler ce problème de masochisme. Et contrairement à cette fausse idée encore largement répandue, se faire plaisir en premier, ce n'est pas être égoïste, bien au contraire, c'est même la meilleure manière d'en faire profiter les autres ! Et oui, réfléchissez un instant : en tant que spectateur, ne trouvez-vous pas plus agréable de regarder un musicien prendre du plaisir à jouer plutôt que de le voir tirer une tronche de cent pieds de long ? Hum ? Comment peut-on donner du plaisir à son public quand on ne le ressent pas soi-même ? Ca me semble terriblement compliqué...

D'ailleurs, petit aparté à ce propos, j'aime m'amuser à observer la tête que font les musiciens quand ils jouent, j'imagine alors que ça donne une une idée de ce qu'ils sont dans la vie : des gens insensibles, fermés, crispés ou bien des gens simples qui prennent un grand plaisir à vivre la musique et à la partager. 

Et c'est justement ça qui passe du musicien au public, l'aspect humain, le plaisir qu'on prend à l'écouter, à le regarder et c'est ce qui nous donne envie de jouer, de danser, chanter avec lui ou pas...

 

5. Prendre de la distance

Une fois qu'on a relativisé ses exigences et la portée de ses éventuelles erreurs, il reste à faire fi des critiques gratuites. Qu'il s'agisse de celles qu'on lit ici et là sur la toile, énoncées par des anonymes qui n'oseraient pas vous en dire le dixième en face ou de celles prononcées par des personnes qui croient détenir le savoir absolu.

Quand un musicien joue "humainement", il met certes de la technique dans la maîtrise de son instrument, mais surtout, il y met son coeur. C'est une proposition de ressenti qu'il offre à son public, qui apprécie ou pas, certes, mais c'est un cadeau qu'il fait, il ne le fait pas pour recueillir un avis, ou alors il lui faut voir un public spécifique constitué de professeurs :). Alors recevoir de simples critiques techniques, c'est comme se voir refuser le cadeau proposé. Oh mais dites donc, c'est mal élevé, ça ! Et vous allez vous laisser enquiquiner par des gens mal élevés ??

 

 

Entre nous, je considère ces personnes à la critique facile comme nuisibles pour tout être créatif, musicien ou autre, mieux vaut les tenir à l'écart, ils plombent la créativité en plongeant la petite fée dans l'ombre, en l'écrasant sous le talon de la toute-puissance du savoir unique qu'ils croient détenir (hé oui, ils n'ont pas encore compris que ça n'existait pas...).

 

Sérieusement, vivez votre musique, vivez le plaisir de jouer avec votre instrument et vivez avec votre public, il n'attend que ça, vivre ce moment avec vous, c'est pour ça qu'il est venu, pas pour vous scruter des pieds à la tête, pas pour vérifier que votre archet est bien droit, ni pour compter le nombre de fautes... D'ailleurs, tout à votre concentration pendant que vous jouiez, avez-vous remarqué le regard brillant de la personne au 3ème rang, l'avez-vous vu ? Quel souvenir gardera-t-elle de cette représentation ? Finalement, n'est-ce pas ça le plus important, le plaisir que vous lui avez apporté ?

 

 

 

A lire également sur le sujet, ces deux très bons articles sur le trac des musiciens :

http://www.lalettredumusicien.fr/s/articles/1912_145_trac...

http://www.psychologies.com/Moi/Problemes-psy/Anxiete-Pho...

 

 

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